Mode : seconde main et ultra-fast fashion pèsent 25 % des achats

Un achat d’habillement sur quatre relève désormais de la seconde main ou de l’ultra-fast fashion. L’IFM décrypte un marché en pleine recomposition.

Mode : seconde main et ultra-fast fashion pèsent 25 % des achats

Un achat sur quatre relève de la seconde main ou de l’ultra-fast fashion

Le marché français de l’habillement ne retrouve toujours pas de véritable dynamique. Après une légère hausse en 2024, les ventes ont reculé de 1,3 % en valeur en 2025, selon l’Institut Français de la Mode. Derrière ce repli, les écarts entre circuits se creusent : les magasins perdent du terrain, tandis que le commerce en ligne et la seconde main continuent d’avancer.

Les magasins reculent de 2,7 %

En 2025, les ventes en ligne d’habillement ont progressé de 1,2 %. Dans le même temps, les magasins physiques ont enregistré une baisse de 2,7 %. Le commerce en ligne représente désormais 30,4 % des achats d’habillement en valeur.

La seconde main pèse 11,2 % de la consommation, et jusqu’à 18 % chez les 18-24 ans. Le déplacement ne se fait donc pas seulement du magasin vers Internet : une part croissante des achats passe par d’autres circuits.

Le niveau des prix devient un autre point de tension. Gildas Minvielle, directeur de l’Observatoire économique de l’IFM, relève qu’un vêtement à 50 euros peut aujourd’hui être perçu comme cher par de nombreux consommateurs. Pour les marques et les détaillants, défendre la matière, la fabrication ou le savoir-faire redevient une question commerciale très concrète.

Un quart des achats hors des circuits historiques

L’IFM rapproche deux phénomènes qui progressent en parallèle : la seconde main et l’ultra-fast fashion. Ensemble, ils représentent désormais 25 % des achats d’habillement en volume en France.

Shein, Temu et AliExpress totalisent 6 % des volumes, mais seulement 2 % du marché en valeur, conséquence de prix moyens très bas. La seconde main obéit à une autre logique, mais participe elle aussi à la modification des équilibres.

Pour les commerces traditionnels, la concurrence ne vient donc plus seulement des autres enseignes. Le marché s’est fragmenté, avec des offres et des niveaux de prix parfois très éloignés les uns des autres.

Pas de véritable rebond attendu en 2026

Pour 2026, l’IFM reste prudent. Gildas Minvielle situe l’évolution possible du marché français entre -0,5 % et +1 % en valeur : pas d’effondrement annoncé, mais pas de reprise franche non plus.

La qualité, la création, les matières ou la fabrication reviennent alors au premier plan. Encore faut-il parvenir à expliquer ce qui justifie le prix ; l’exercice devient plus difficile lorsque le client compare, parfois en quelques secondes, des produits qui n’ont ni les mêmes coûts ni les mêmes promesses.

Le marché reste peu dynamique mais sa structure, elle, continue de se transformer vite.

Sources : Union Française Mode & Habillement ; Institut Français de la Mode.

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