Le commerce spécialisé a profondément changé de visage depuis 2019. Selon un état des lieux présenté par Procos à partir de ses données et de celles de Retail Int., le parc de magasins s’est contracté de 20 % entre 2019 et 2025. Dans le même temps, la fréquentation a reculé de 13 %. Deux évolutions qui touchent d’abord les centres-villes et, dans une moindre mesure, les centres commerciaux.
La baisse du nombre de points de vente tient, selon Procos, autant aux défaillances d’enseignes qu’aux décisions prises par les réseaux de rationaliser leur parc. Les fermetures se concentrent surtout dans les centres-villes. À l’inverse, les implantations en périphérie, dans les retail parks et sur les meilleurs emplacements restent globalement stables.
La fréquentation suit la même ligne de fracture. Depuis 2019, elle a diminué de 13 % dans l’ensemble des magasins observés. Sur les emplacements les moins attractifs, certains centres-villes et centres commerciaux ont perdu près d’un quart de leur trafic.
Des visites moins fréquentes, mais plus ciblées
Procos relève plusieurs facteurs : pression sur le pouvoir d’achat, montée du e-commerce, difficultés d’accessibilité de certains centres-villes et évolution des habitudes depuis la crise sanitaire. Les consommateurs se déplacent moins souvent en magasin, avec des visites davantage orientées vers un achat précis et des paniers moyens plus élevés.
Cette évolution favorise aussi une concentration du réseau autour d’un nombre plus limité de magasins, souvent plus grands ou jugés plus performants. Le marché se polarise : les enseignes de milieu de gamme apparaissent comme les plus fragiles, tandis que le premium et l’entrée de gamme résistent mieux.
Les centres-villes face à une nouvelle équation
La question des coûts reste centrale. Procos souligne que les loyers commerciaux ont continué à progresser entre 2019 et 2025 alors même que la fréquentation reculait, ce qui accroît la pression sur les exploitants.
Cette photographie du commerce spécialisé ne signe pas la disparition du magasin. Elle montre plutôt une sélection plus forte des implantations et des formats. Pour les centres-villes, l’enjeu devient donc double : conserver des emplacements suffisamment attractifs pour les enseignes et recréer des motifs de fréquentation régulière au-delà du seul acte d’achat. Cette dernière lecture est une conclusion éditoriale tirée des tendances décrites par Procos.

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