Chaussures : des magasins à reprendre, mais des successeurs difficiles à trouver

Des magasins de chaussures restent sans repreneur selon Vladimir Salmon. Activité, marge, stock et équipes : les critères à examiner.

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Vladimir Salmon
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Vladimir Salmon rencontre des chausseurs proches de la retraite qui cherchent un repreneur. Il dit connaître des magasins au chiffre d’affaires élevé qui restent sans candidat. Son témoignage met en regard les possibilités de reprise et les précautions nécessaires pour juger la rentabilité réelle d’un commerce.

L’ESSENTIEL EN 1 MINUTE

  • Vladimir Salmon constate, parmi ses clients, de nombreux départs à la retraite ou projets de cession.
  • Il cite des points de vente réalisant 650 000 euros de chiffre d’affaires annuel sans trouver de repreneur.
  • Il conseille de regarder le revenu possible, l’investissement et le temps de travail avant de reprendre un magasin.
  • Un chiffre d’affaires élevé ne suffit pas à établir la rentabilité ni le prix d’une entreprise.

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Des clients commerçants qui préparent leur départ

Au fil de ses tournées, Vladimir Salmon voit des détaillants conserver leurs fournisseurs habituels sans chercher à renouveler leur assortiment. Certains envisagent d’arrêter leur activité ou de céder leur commerce. Il attribue une partie de cette prudence à leur âge et à leur horizon professionnel plus court.

Il mentionne également des commerçants qui, au contraire, ouvrent un second ou un troisième magasin. Ce contraste est important. La baisse d’activité du secteur ne se traduit pas mécaniquement par une disparition de tous les projets. Le baromètre FDCF du deuxième trimestre 2026 fait état d’un recul de 4,2 % du chiffre d’affaires des 472 répondants, sans mesurer leur intention de transmettre ni la capacité de reprise de chaque affaire.

Un chiffre d’affaires ne dit pas ce que gagnera le repreneur

« J’ai dans mon portefeuille des points de vente qui réalisent 650 000 euros de chiffre d’affaires », explique Vladimir Salmon. Il précise que certains bénéficient de loyers modérés et d’équipes en place, mais ne trouvent pas de repreneur. Ces montants et situations sont rapportés par l’agent ; aucune pièce comptable ne permet ici de vérifier la rentabilité des magasins concernés.

Avant de considérer un commerce comme une bonne affaire, il faut examiner la marge, la masse salariale, le loyer, les stocks, les dettes et la rémunération envisageable du futur dirigeant. Bpifrance Création détaille ces vérifications dans son guide de diagnostic d’une entreprise à reprendre. Le chiffre d’affaires reste un point de départ, non une preuve de viabilité.

Le stock appelle une attention particulière. Les modèles anciens, les tailles isolées et les séries qui tournent lentement n’ont pas la même valeur commerciale que des références demandées. En cas de cession de fonds de commerce, Entreprendre Service Public rappelle que le stock est évalué séparément du fonds. Le repreneur doit donc connaître l’ensemble du financement nécessaire, y compris les achats de la saison suivante.

Conserver les compétences et les relations fournisseurs

Vladimir Salmon conseille plutôt la reprise que la création à un jeune candidat. Son raisonnement repose sur l’existence d’une clientèle, d’un emplacement, d’une équipe formée et de relations fournisseurs déjà constituées mais il prévient cependant que les premières collections sont particulièrement délicates à acheter lorsqu’on manque d’expérience.

L’exemple d’Hélène Dubernet, qui a repris Chauss Mini Maxi, apporte un contrepoint. La cédante l’avait accompagnée pendant quatre collections, ce qui l’avait aidée à comprendre le marché des pointures rares. Quinze ans plus tard, Hélène Dubernet souhaite à son tour transmettre son entreprise, mais s’interroge sur la valeur économique qu’un repreneur pourrait en retirer. Les deux témoignages montrent qu’un commerce transmissible commercialement ne l’est pas toujours financièrement.

Préparer la reprise avec des chiffres et des personnes

Le repreneur devra vérifier les ventes par famille et par pointure, les achats déjà engagés, les fournisseurs réellement actifs, les conditions de réassort et la dépendance éventuelle à quelques marques. Il devra aussi mesurer le temps de présence nécessaire au magasin : avoir une clientèle fidèle n’élimine pas les besoins de gestion et de conseil.

Le diagnostic de transmission présenté par Service Public recommande notamment d’examiner l’activité, les moyens, les équipes, la situation financière et les contrats. Pour un magasin de chaussures, l’échange avec le cédant et les vendeurs peut compléter cette analyse, à condition de ne pas remplacer les documents de gestion par de simples impressions.

Vladimir Salmon envisage lui-même, à terme, de reprendre ou de créer une boutique. Les commerçants qu’il connaît cherchent des successeurs ; pour évaluer ces offres, les candidats doivent pouvoir consulter des chiffres précis et rencontrer les personnes qui connaissent le fonctionnement du magasin.

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Vladimir Salmon

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