Salons de maroquinerie : où les détaillants peuvent-ils encore découvrir de nouvelles marques ?

Face à une offre de marques connue et à des budgets de déplacement contraints, quel rôle jouent encore les salons de maroquinerie ? Le retour d’Evelyne Luisetti.

D'après l'interview DE
Evelyne Luisetti
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À quoi sert un salon de maroquinerie lorsque les détaillants connaissent déjà la plupart des exposants ? À comparer des collections, échanger avec leurs confrères et repérer d’éventuelles nouveautés, davantage qu’à signer immédiatement des commandes. Evelyne Luisetti explique privilégier les showrooms pour acheter. Elle constate surtout qu’il devient plus difficile, pour son magasin, d’identifier une marque capable de susciter une demande régulière.

L’ESSENTIEL EN 1 MINUTE

  • Evelyne Luisetti visite les salons pour observer et sélectionner, puis commande le plus souvent en showroom.
  • Elle évoque des salons régionaux comptant environ 20 à 25 exposants en maroquinerie.
  • La place d’une marque peut changer fortement dans le chiffre d’affaires d’un seul magasin : son exemple de Mac Douglas en témoigne.

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Observer au salon, commander au showroom

Les représentants se déplacent rarement jusqu’au magasin d’Evelyne Luisetti. Pour les collections à venir, elle se rend essentiellement en showroom sur rendez-vous. Sur un salon, elle préfère regarder, prendre des informations et photographier les produits avant de s’engager. Les commandes passées directement sur place sont, selon elle, devenues exceptionnelles. Cette organisation lui permet de comparer à tête reposée les modèles retenus, plutôt que de multiplier les achats sous l’effet de la découverte.

Les salons ont cependant une utilité collective. Les rencontres entre commerçants permettent de confronter les impressions, de parler des ventes et de se demander quelles nouveautés pourraient convenir à leur clientèle. Ce rôle est particulièrement important pour des détaillants qui travaillent seuls ou avec une très petite équipe.

« Maintenant, quand j’en achète deux, je ne suis pas sûre de les vendre. »

Quand la marque incontournable ne l’est plus

À la reprise du magasin, Mac Douglas représentait, selon ses chiffres, environ 15 % de son chiffre d’affaires et près de 60 000 euros de commandes annuelles en prix d’achat. La marque pèserait désormais autour de 2 % de ses ventes. Evelyne Luisetti se souvient d’une époque où elle pouvait acheter plusieurs exemplaires du même sac avec une relative confiance. Aujourd’hui, même deux unités ne sont pas forcément assurées de partir.

Cette évolution concerne sa boutique : elle ne permet pas de déduire un recul équivalent de la marque sur l’ensemble du marché. Elle illustre en revanche le besoin permanent de renouveler une offre lorsque les repères de consommation changent. Lancaster, Arthur & Aston ou Mac Douglas restent connus, sans qu’une seule enseigne s’impose, à ses yeux, comme l’évidence commerciale d’autrefois.

Le débat sur le format des rendez-vous professionnels

La commerçante évoque un nombre limité de nouveautés sur certains salons régionaux de maroquinerie. Une réflexion existe au sein de la profession sur l’intérêt d’un rendez-vous national, mais elle ne présente ni calendrier arrêté ni décision collective. Pour un fournisseur, exposer représente aussi un coût, alors que ses acheteurs habituels peuvent être rencontrés autrement.

La FNDMV a organisé en septembre 2026 une table ronde au Salon de la maroquinerie de Lyon. Les relations entre marques et détaillants, les stocks et les collections y figuraient parmi les thèmes discutés. Ce type d’échange complète la fonction commerciale du salon : les vendeurs y apportent leurs observations, les fabricants leurs contraintes de production, sans que leurs attentes soient nécessairement identiques.

D'après l'interview de
Evelyne Luisetti

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