Peu de fabricants, des séries imposées et aucun réassort : les contraintes d'achat de Chauss Mini Maxi, détaillant spécialisé à Nantes et Tours.
Comment composer une collection lorsque les tailles recherchées ne figurent pas dans la plupart des catalogues ? Hélène Dubernet doit d'abord trouver les fabricants capables de produire les pointures de ses clients. Elle commande ensuite les quantités imposées, sans garantie de pouvoir compléter un modèle qui se vend bien.
L’ESSENTIEL EN 1 MINUTE
- L'enseigne propose quatre rayons : femmes du 32 au 35 et du 42 au 45 ; hommes du 37 au 39 et du 46 au 52.
- Hélène Dubernet travaille avec 30 à 50 fournisseurs et commande généralement six paires par ligne.
- Elle déclare environ 300 000 euros de stock et 150 000 euros d'achats par saison, sans possibilité de réassort.
Trouver les pointures avant de choisir les modèles
Dans son entretien avec La Gazette, Hélène Dubernet raconte avoir parcouru tout un hall lors d'un salon à Milan pour chercher des petites pointures masculines. Deux fabricants ont annoncé pouvoir les produire ; un seul a livré. Dans sa boutique, le choix commence donc par la disponibilité réelle des tailles, bien avant les matières ou les couleurs.
La dirigeante dit être la seule détaillante en France à maintenir un rayon masculin du 37 au 39. Cette exclusivité est sa propre appréciation, non le résultat d'un inventaire national. Elle décrit aussi la disparition de fabricants espagnols et italiens, et avec eux des formes servant à fabriquer certains modèles. Remplacer une référence peut devenir impossible.
La pression n'est pas seulement commerciale. Dans son baromètre du deuxième trimestre 2026, la Fédération des Détaillants en Chaussures de France relève un recul de 4,2 % du chiffre d'affaires des 472 détaillants indépendants interrogés. Ce résultat concerne le panel, pas directement Chauss Mini Maxi.
Six paires à la ligne et une saison sans réassort
Le minimum est généralement de six paires par ligne. Nantes et Tours n'en vendent pourtant parfois que deux ou trois chacune. Le commerçant doit donc acheter au-delà de la demande immédiate d'un magasin, puis répartir les tailles entre ses points de vente.
Avec Softwaves, au Portugal, la relation construite depuis plusieurs années permet à Hélène Dubernet de faire produire un modèle sur une forme ou une semelle déjà connue. Une telle adaptation ne se négocie pas nécessairement auprès d'un fournisseur nouveau. Evelyne Luisetti décrit aussi ces arbitrages : minimums, volumes et capacité à financer la saison.
« Tout le monde doit gagner sa vie. » - Hélène Dubernet
Un stock à financer avant même de vendre
Sans réassort, la dirigeante achète ses collections en une fois. Elle évoque 300 000 euros de stock, pour des achats de l'ordre de 150 000 euros par saison. Ces montants sont ceux qu'elle déclare pour son entreprise ; ils ne représentent pas un niveau recommandé pour d'autres détaillants.
Les invendus entrent dans les commandes suivantes. Les produits circulent entre les deux magasins et deux transferts importants sont organisés chaque saison. Ce fonctionnement est détaillé dans le décryptage consacré aux stocks partagés et aux ventes en ligne, et une fiche de suivi des pointures et des transferts permet d'en adapter les principes à d'autres boutiques.
Hélène Dubernet veut aussi suivre la mode : ses clientes repèrent des modèles sur les réseaux sociaux avant de venir les essayer. La sélection reste soumise aux pointures disponibles, tandis que le conseil chaussant en boutique aide à trouver une forme réellement adaptée.

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