Paris compte toujours l’un des réseaux commerciaux les plus denses de France, avec 60 517 commerces, services commerciaux, restaurants, bars et cafés recensés au printemps 2026. Leur nombre a diminué de 0,8 % depuis 2023 et la vacance a progressé, mais les évolutions les plus marquées concernent surtout les activités présentes dans les rues : la restauration, certains commerces alimentaires, les friperies et les salles de sport gagnent des adresses, tandis que l’habillement, l’équipement de la maison et plusieurs services physiques reculent.
La dixième enquête de l’Atelier parisien d’urbanisme a été réalisée en avril 2026 avec la Ville de Paris et la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. Le dispositif BDCom recense les locaux en rez-de-chaussée disposant d’une vitrine et d’un accès depuis l’espace public, ainsi que certains locaux accessibles depuis des cours ou des galeries commerciales.
L’Apur publie pour l’instant les premières tendances de cette enquête ; le rapport détaillé est annoncé pour décembre 2026. Les données déjà disponibles permettent néanmoins de comparer Paris avec la situation relevée en 2023.
510 établissements de moins en trois ans
Avec 60 517 commerces et services commerciaux, bars et restaurants compris, Paris compte 510 établissements de moins qu’en 2023, soit une baisse de 0,8 %. Ils occupent environ 73 % des locaux en rez-de-chaussée recensés dans les rues de la capitale.
La densité atteint encore 28 commerces pour 1 000 habitants, un niveau que l’Apur situe très au-dessus de celui des autres grandes villes françaises.
Le recul global reste donc limité au regard de la taille du parc parisien. Il ne signifie pas pour autant que les rues commerçantes conservent la même composition : le nombre total évolue peu, alors que plusieurs catégories enregistrent des variations beaucoup plus fortes.
La publication intervient par ailleurs dans une conjoncture nationale dégradée. En octobre, le climat des affaires dans le commerce de détail hors automobile est retombé à 93, contre 97 en septembre et une moyenne de longue période fixée à 100. Les perspectives générales d’activité se sont nettement détériorées, alors que les ventes passées sont restées proches de leur moyenne historique.
La vacance atteint 11,7 %, mais 1 402 locaux sont en travaux
En avril 2026, 9 725 locaux en rez-de-chaussée sont recensés comme vacants, soit 621 de plus qu’en 2023. Leur part atteint 11,7 %, contre 10,9 % trois ans auparavant.
Ce taux comprend toutefois 1 402 locaux en travaux au moment du recensement. Une fois ces adresses exclues, la vacance s’établit à 10,0 %.
La distinction est importante : les 11,7 % ne correspondent pas uniquement à des locaux durablement inoccupés.
Les écarts entre arrondissements sont également prononcés. La vacance varie de 7,3 % dans le 16e arrondissement à 15,6 % dans le 2e. Elle diminue depuis 2023 dans cinq arrondissements : les 1er, 6e, 8e, 9e et 16e.

Pâtisseries et coffee shops progressent, plusieurs commerces de frais reculent
Paris compte 8 098 commerces alimentaires, soit 67 de plus qu’en 2023.
Les évolutions diffèrent fortement selon les spécialités. Les pâtisseries gagnent 67 établissements, les chocolateries 33, les glaciers 25 et les torréfacteurs 21. À l’inverse, le recensement dénombre 24 primeurs, 17 boucheries et 14 poissonneries de moins qu’en 2023 ; les magasins alimentaires bio perdent également 29 adresses.
La restauration progresse beaucoup plus fortement, avec 555 cafés, bars et restaurants supplémentaires en trois ans ; parmi eux, les coffee shops gagnent 142 établissements.
Ces données ne décrivent donc pas une progression uniforme de l’alimentaire ou de la restauration. En effet, certaines activités liées à la consommation immédiate, aux pauses et aux achats gourmands se développent, tandis que plusieurs métiers de produits frais perdent des implantations.

L’habillement perd 363 magasins, les friperies en gagnent 83
L’équipement de la personne enregistre l’un des reculs les plus nets : 363 commerces de moins entre 2023 et 2026, soit une baisse de 5,4 %. Le prêt-à-porter et la chaussure figurent parmi les activités concernées.
La seconde main évolue dans le sens inverse. Paris compte désormais 404 friperies, soit 83 de plus qu’en 2023.
Cette évolution rejoint celle observée à l’échelle nationale dans l’habillement, où la seconde main et l’ultra-fast fashion occupent une part croissante des achats.
L’équipement de la maison perd pour sa part 141 magasins. Les commerces de culture et de loisirs reculent également, avec 96 établissements de moins, dont 38 librairies.
L’Apur cite notamment la concurrence du commerce en ligne pour expliquer le recul de l’habillement et de l’équipement de la maison. Le recensement ne permet cependant pas d’attribuer chaque fermeture à une cause précise : pouvoir d’achat, loyers, évolution des clientèles et stratégies d’enseigne peuvent également modifier les implantations.
Banques et agences reculent, salles de sport et activités médicales progressent
Les services présents en rez-de-chaussée connaissent eux aussi des évolutions marquées.
Depuis 2023, Paris a perdu 99 agences bancaires, 54 cabinets d’assurances, 39 agences de voyage et 24 agences d’intérim. L’Apur rapproche ces diminutions de la digitalisation de services autrefois largement assurés en agence.
Dans le même temps, les salles de sport gagnent 70 établissements et les activités médicales accessibles depuis la rue progressent également.
Une banque, une salle de sport ou un cabinet médical peuvent occuper des locaux comparables, mais leur présence ne produit pas les mêmes flux dans une rue commerçante. Les horaires, la fréquence des visites et les complémentarités avec les boutiques voisines changent selon l’activité installée.

Paris reste un cas particulier
Les chiffres parisiens ne peuvent pas être transposés tels quels à une ville moyenne ou à un centre-bourg.
Avec 28 commerces pour 1 000 habitants, une fréquentation touristique considérable, une forte concentration d’emplois et d’étudiants et plusieurs quartiers commerciaux de destination internationale, la capitale dispose de caractéristiques rarement réunies ailleurs.
Le Panorama de septembre consacré à la géographie commerciale française montrait déjà que la densité et la composition de l’offre varient fortement selon les territoires.
Les deux études n’utilisent pas les mêmes catégories statistiques et ne doivent pas être comparées directement. Le recensement parisien apporte cependant une précision utile : un nombre relativement stable de locaux commerciaux peut masquer des changements importants dans les activités qui les occupent.
Entre 2023 et 2026, le solde parisien est limité à 510 établissements en moins, mais la capitale perd parallèlement 363 commerces d’équipement de la personne et 141 magasins d’équipement de la maison, tandis qu’elle gagne 555 cafés, bars et restaurants, 83 friperies et 70 salles de sport.
Pour un détaillant, cette modification de l’environnement immédiat peut changer les parcours de clientèle. Une rue principalement consacrée à la mode ne génère pas les mêmes horaires ni les mêmes motifs de déplacement qu’un secteur où progressent restauration, sport ou services.
Les 60 517 établissements recensés au printemps 2026 occupent donc un parc qui reste très dense, mais dont les usages commerciaux se déplacent rapidement d’une activité vers une autre.
À garder en tête
Les données proviennent de la dixième enquête BDCom réalisée par l’Apur en avril 2026 avec la Ville de Paris et la CCI Paris.
Les chiffres disponibles en octobre constituent les premières tendances de l’enquête. Le rapport détaillé doit être publié en décembre 2026.
La comparaison avec 2023 doit enfin rester limitée aux séries publiées comme comparables par l’Apur et ses partenaires. Les résultats décrivent Paris et ne constituent pas une mesure de l’évolution du commerce français dans son ensemble.
Sources
Paris Commerces. Commerces à Paris : les premières tendances de l’enquête 2026

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